
Publié au Journal Officiel le 26 août 2025, l’arrêté du 13 août 2025 revoit en profondeur la méthode de calcul du Diagnostic de Performance Énergétique, en particulier pour les logements chauffés à l’électricité. Cette révision du mode de calcul, au-delà d’aligner la France avec les standards européens, engendre bien d’autres conséquences plutôt très favorables pour les propriétaires et investisseurs. Alors, voyons plus précisément quels sont les changements que connaît le DPE dans sa version 2026, et tâchons de comprendre quelles en sont les répercussions concrètes. Spoiler, le DPE 2026 est une réforme qui concilie l’urgence que représente le renforcement des performances énergétiques des logements français, et la fin d’une pénalité pas très très juste.
Qu’est-ce qui change avec le DPE 2026 ?
Le DPE, c’est quoi déjà ?
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) représente le document de référence énergétique par excellence, des bâtiments situés en France (hors DROM). Il attribue une note allant de la lettre A (pour les logements les plus économes) à G (pour les plus énergivores). Depuis 2021, l’étiquette énergétique d’un logement dépend de son comportement énergétique. Ce dernier est évalué à partir d’un ensemble de critères indépendants des habitudes de vie, que voici :
- Les caractéristiques techniques du bâtiment : menuiserie, isolation des murs, planchers, ventilation, etc.
- Les systèmes énergétiques : chauffage, refroidissement, équipements de régulation et de programmation, etc.
- La localisation du bien : zone climatique et altitude.
De plus, il apporte d’autres renseignements précieux sur le bien immobilier, tels que l’estimation du montant des factures d’énergie, ou encore les pistes à explorer s’agissant des travaux de rénovation à réaliser pour améliorer sa performance énergétique et réduire son impact climatique. C’est pourquoi, toute transaction immobilière ou mise en location doit être associée à un DPE valide.
Les changements concrets du DPE depuis janvier 2026
Et donc, concrètement, quelles sont les modifications apportées au DPE par l’arrêté du 13 août 2025 ?
👉 Une réduction du coefficient de conversion de l’électricité.
Avant toute chose, qu’est-ce que le coefficient de conversion exactement ? Vous le savez à présent, le DPE est un véritable état des lieux énergétique du logement. Il détermine la consommation théorique d’une habitation (énergie finale). Mais il calcule également l’énergie primaire, c’est-à-dire la quantité d’énergie qu’il a été nécessaire de produire pour fournir l’énergie finale à l’utilisateur.
Et comment est-ce que l’on arrive à traduire l’énergie réelle en énergie primaire ? Grâce au coefficient de conversion ! Avant janvier 2026, ce-dit coefficient de conversion était fixé à 2,3. Désormais, il s’élève à 1,9.
Illustration : 1 kWh d'électricité consommé (énergie finale), il faut produire 1,9 kWh d’énergie primaire.
👉 Une meilleure prise en considération des paramètres techniques du bâtiment, tels que l'isolation, la ventilation, la performance des équipements, etc.
👉 Un ajustement de la méthode de calcul pour les logements de moins de 40m2. En effet, celle-ci était particulièrement défavorable pour les petites surfaces, et peu réaliste de leur réelle performance.
👉 Une attention accentuée sur le véritable comportement énergétique du bien.
Les motivations, objectifs et conséquences directs de cette réforme
L’un des objectifs phares de cette réforme du DPE était de corriger la lourde (et pas très juste) pénalité subie par les logements chauffés à l’électricité. En effet, le précédent coefficient de conversion (2,3) pénalisait sévèrement les habitations alimentées à l’électricité, alors qu’il s’agit, contrairement au gaz ou au fioul, d’une énergie plutôt faiblement émettrice de carbone. Ce mécanisme n’était plus totalement cohérent avec l’ambition environnementale du Gouvernement, qu’est la lutte contre le réchauffement climatique.
Ainsi, en corrigeant cette inégalité, le DPE offre la possibilité de :
- Concentrer les efforts sur les logements réellement énergivores et chauffés aux énergies fossiles.
- Repérer plus facilement les habitations pouvant bénéficier des aides à la rénovation énergétique.
- Améliorer le DPE de certaines maisons ou appartements chauffés à l’électricité : 850 000 logements devraient sortir du statut de passoire énergétique.
Les évolutions du DPE 2026 : une bonne nouvelle pour les propriétaires et investisseurs ?
Un peu mon neveu ! Les évolutions du DPE constituent de belles opportunités pour les propriétaires et investisseurs, ce à plusieurs niveaux.
Certains logements pourraient bénéficier d’une étiquette énergétique plus avantageuse. Attention toutefois : cela concerne surtout les habitations chauffées à l’électricité. Les logements récents, équipés de radiateurs modernes, de systèmes performants et/ou d’une bonne isolation pourront témoigner de cette amélioration. De même, les appartements et les maisons au sein desquels des travaux de rénovation énergétique ont été efficaces pourraient voir leur note évoluer positivement. Il peut s'agir, par exemple, de l'isolation des combles, de la pose de thermostats intelligents, de la mise en place d'un système ayant pour but d’optimiser le système de chauffage, ou encore le remplacement des fenêtres (la liste n’est pas exhaustive).
Et qui dit meilleure notation énergétique dit, en toute logique :
- Augmentation de la valeur immobilière : négociations tarifaires réduites en cas de vente.
- Réduction du délai de conclusion de la vente : l’attractivité du bien et la confiance des acheteurs sont renforcées. De plus, un meilleur classement énergétique peut faire la différence entre deux biens similaires localisés dans un même secteur.
- Rendements locatifs préservés : mise en location facilitée, vacance locative diminuée.
- Interdiction de mise en location levée, si l’évaluation énergétique du bien évolue positivement et qu’il n’est plus considéré comme une passoire thermique.
- Chances d’obtenir un financement bancaire maximisées : le profil de l’emprunteur est renforcé.
Informations complémentaires à retenir au sujet du DPE 2026
👉 Le nouveau coefficient s’applique automatiquement pour tous les diagnostics de performance énergétique et les audits énergétiques réalisés depuis le 1er janvier 2026.
👉 Les DPE édités avant 2026 (et à partir de juillet 2021), sont valables 10 ans. Si vous le souhaitez, une mise à jour gratuite, sans nouvelle visite du diagnostiqueur, peut être réalisée via le site internet de l'Observatoire DPE-Audit de l’Ademe. Elle remplacera la précédente et sera valable jusqu’à la date d’expiration initiale du DPE.
👉 Aucun logement ne pourra voir son étiquette énergétique s’aggraver.
Alors, qu’est-ce que vous attendez pour investir dans la maison de vos rêves ? Une bonne assurance de prêt peut-être ? N’attendez pas pour obtenir votre tarif et sauter sur les opportunités !
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Publié par Mélanie Verbist, spécialiste de l’assurance emprunteur | 25/01/2026